Le XVIIIe, luxe et surgelés

Une fois n’est pas coutume, nous avions décidé de manger français. Pour corser la chose, nous sommes allées traîner nos guêtres rue de Gand, pas vraiment réputée pour être le temple de la gastronomie lilloise… Il faut parfois savoir se dévouer et tester ce qui ne nous aurait pas forcément emballées, c’est aussi à quoi sert ce blog, et nous en sommes les premières contentes !

Direction donc le XVIIIe, vendu comme « un cadre exceptionnel » pour un « repas à la Française ». Passons le caractère grognon du patron, nous sommes emmenées au fond de la salle, où des biches empaillés nous surveillent.

Le XVIIIème siècle et ses biches empaillées vous contemplent

Le XVIIIème siècle et ses biches empaillées vous contemplent

On est plutôt dans le XVIIIème siècle poussiéreux et dépenaillé si vous voulez notre avis.

Nous commandons toutes les deux le Menu du Roi à 26€, de quoi se faire plaisir dans l’assiette.

Tartare de dorade sauvage

Tartare de dorade sauvage

L’entrée, un tartare de dorade sauvage, ne nous emballe pas : le tartare est, comme vous le voyez, déstructuré et haché grossièrement, baignant dans un jus non identifié (=décongelé ?). Il est servi avec quelques feuilles de salades inondées dans de la vinaigrette industrielle, pas très raffiné tout ça. Ce n’est pas mauvais mais on s’attend à bien mieux : de vrais morceaux de dorade et un assaisonnement aux petits oignons par exemple.

Le doute s’insinue !

Tournedos de canard sauce fois gras et sa corolle de légumes

Tournedos de canard sauce fois gras et sa corolle de légumes

Contre toute attente, le tournedos de canard est plutôt bon, la cuisson est au poil. La corolle de légume est goûteuse aussi, même si fort sucrée. Reste que le plat manque beaucoup de finesse, pour un menu de roi : les « pommes Darphin » se transforment en vulgaires frites surgelées, la « sauce au foie gras » en une sorte de mousse de canard écœurante et la salade baigne toujours dans la vinaigrette Amora.

Enfin, le dessert. Déception j’écris ton nom :

Tour de plaisir (croustillant choco-noisette, mousse au chocolat blanc et confiture de lait) - photo floue alert-

Tour de plaisir (croustillant choco-noisette, mousse au chocolat blanc et confiture de lait) – photo floue alert-

La « Tour de plaisir » est un tour de passe passe : hop hop j’t’embrouille avec un intitulé qui fait trois lignes et je te sers un dessert simili-Dagniaux qui dort au congélo !

Bref, vous l’aurez compris, le XVIIIème n’est pas exceptionnel, que ce soit le cadre ou l’assiette. Il se donne des genres de noblesse, mais tout est grossier et paresseux. Clairement, ce menu ne vaut pas 26€. A ce prix, vous pouvez tout aussi bien aller au Parvis de la Treille, où on mange une cuisine française revisitée à se damner… sûres qu’on en reparlera très vite !

Le XVIIIe
35 Rue de Gand, 59000 Lille
03 20 74 22 68

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Une réflexion sur “Le XVIIIe, luxe et surgelés

  1. Je ne suis pas fan de la déco « animaux empaillés » mais j’aime bien la présentation du plat du canard sur votre photo !
    Dommage pour l’ensemble, ils semblent avoir du potentiel pourtant.

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